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  • Aïki-Clubs n°1

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    Les Présidents de la FFAAA, Paul Lagarrigue et Michel Desmot, ont souhaité avec le  
    bureau de la Fédération, mettre en place un document :


    Aïki Clubs


    Ce document a pour objet de vous informer régulièrement de la vie de la  
    fédération et d'attirer votre attention.


    Vous trouverez ci-dessous le n° 1.

    Bonne lecture !

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  • Pour la venue de Doshu Ueshiba Moriteru

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    Quelques images de la précédente venue de Doshu en 2004 pour donner une idée du futur stage organisé pour les 30 ans de la FFAAA.

  • Démonstration de Ueshiba Moriteru Doshu

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    Démonstration de Ueshiba Moriteru Doshu durant la 49ème Rencontre All Japan Aikido au Nippon Budokan (2011).

  • Anciennes coupures de presse

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    Ces articles de presse, non datés, figuraient dans l'ancien site, et témoignent du dynamisme constant du Club, depuis ses débuts (saison 2005-06) !

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  • Apres plus de 30 ans de pratique

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    Petit conte à l’usage des pratiquants

    ou

    O Sensei reconnaîtra les siens

     

    M. Himbude Louis s’endormit paisiblement, comme tous les soirs, mais, contrairement à ses habitudes, il fit un rêve très vif et de longue durée, au sujet de Ame no Tori Fune Undo. Il ne se réveilla pas au matin.

    La mort l’avait emporté entre temps, sans bruit et sans souffrance.

    Il le comprit vraiment seulement lorsqu’il se retrouva face à une noble assemblée, alors qu’aucune n’avait été convoquée dans les jours à venir.

    Curieusement, elle fut composée des plus grandes figures de l’aïkido national et international et il le comprit, car elles étaient décédées de son vivant, et il avait lui-même prononcé les discours funèbres de certaines d’entre elles.

    Réalisant ainsi qu’il n’était plus, il se demanda subrepticement qui prononcerait le sien, en espérant que ce ne fut pas le président, qu’il n’avait jamais particulièrement affectionné, ni son homme de paille.

    Peut-être le Maître, et il se surprit à imaginer la tête de ceux qui n’avaient jamais pu le supporter, en entendant son éloge posthume de la bouche même du Maître. Mais à quoi bon maintenant.

    Il dirigea donc son attention sur les personnes présentes, qu’il avait côtoyées, pour la plupart, de leur vivant. Il y avait ceux du départ, les pionniers, qui avaient toujours refusé l’évolution de la discipline pour rester à une pratique primitive. Il avait toujours eu un peu pitié d’eux, bien que leur inclination à se prétendre les seuls détenteurs du véritable aïkido originel l’ait souvent crispé. Et ne serait-ce leur âge vénérable, il eut plus d’une fois la tentation de leur faire manger le tatami.

    Il y avait bon nombre de ses sempai, et pour cause. Il reconnut celui qui lui avait flanqué une volée alors qu’il n’était encore que débutant, celui qui le bloquait systématiquement et qui avait un si mauvais état d’esprit, celui qui s’était opposé à la délivrance de son 5ème dan, qu’il était pourtant sûr d’avoir, car le Maître l’avait convié à ce passage. N’avait-il pas plus de 30 ans de pratique ?

    Il y avait son premier professeur, auquel il avait tourné le dos après avoir estimé qu’il lui était bien supérieur techniquement. C’était un pionnier qui n’avait jamais bien compris ce qu’était l’aïkido.

    Il y avait les vieux potes, avec lesquels il avait brisé quantité de poignets aux jeunes prétentieux qui ne s’étaient pas encore imprégnés de l’essence de la discipline. Y parviendront-ils d’ailleurs ? Quelques-uns lui firent un petit signe amical, auquel il répondit par des clins d’œil.

    Il y avait des Maîtres de la Maison Mère qu’il avait cotoyés au cours de stages, ou simplement vus en film. Bref, une noble asemblée, quoiqu’il constata qu’O Sensei ne s’y trouvait pas, ni certains grands Maîtres. Mais ses réflexions furent interrompues par la voix de celui qui semblait présider la séance, et qu’il ne connaissait ni d’Adam ni d’Eve.

    Il s’exprima ainsi :

    « J’ai réuni ces personnes, dont la plupart vous sont connues, en prévision de votre mort, puisqu’elle avait été ainsi programmée. Aussi, et après s’être concertées, elles ont unanimement reconnu que votre pratique n’avait pas été reconnue sur terre à sa juste valeur.

    Et puisqu’en ce lieu, il ne saurait être commis d’injustice, il convient de vous y donner la place qui vous revient, dans l’éternité.

    Vos pairs, dont, je pense, vous ne contesterez pas la prééminence, vous ont décerné à l’unanimité le 9ème dan, et le titre, tant envié sur terre, de shidan.

    Quelqu’un vous prendra donc en charge pour vous indiquer votre nouvelle place et ce que vous devez y faire. »

    Sur ce, tous se levèrent et applaudirent bien chaleureusement. S’il n’avait pas été mort, il en aurait pleuré de joie. Enfin…, on reconnaissait ses mérites. Il les aurait tous embrassés, les anciens, les sempai, son professeur, ses potes, les Maîtres de l’Aïkikai, mais ils s’évanouirent, comme par enchantement, pour laisser place à un petit être ailé qui voletait devant lui et qui lui dit : « Maître, si vous voulez bien me suivre. »

    Maître ! , ce petit être charmant l’avait appelé Maître. Quel endroit merveilleux ! Chacun y était à sa place, et tout respirait l’harmonie. Ils parvinrent dans un vestiaire d’une propreté irréprochable et d’un goût exquis. La salle de douche était en marbre, les murs étaient tapissés d’idéogrammes et autres peintures japonaises ; un bouquet de fleurs, arrangé suivant les règles sacrées, était disposé sur une table basse, ainsi que tant d’autres délicates attentions. Des habits d’entrainement étaient posés avec soin sur un banc en bois : un keikogi d’une blancheur immaculée, un hakama blanc, une paire de zori de qualité exquise. Le petit être ailé, qui ne le quittait pas, dit : « Maître, vos élèves vous attendent dans le dojo. »

    Pris par le charme des lieux, et conscient de sa nouvelle condition, il n’avait effectivement pas prêté attention aux kiai poussés par des pratiquants qu’il ne voyait pas encore, mais qui, de toute évidence, s’entraînaient assidûment à côté.

    Lorsqu’il fut habillé, le petit être ailé le fit pénétrer dans un dojo de toute beauté. Douze solides pratiquants s’entrainaient avec application. Ils se figèrent à son entrée, pour se précipiter en reculant jusqu’au shimoza, où ils s’installèrent en seiza impeccablement.

    Interrogeant son guide du regard, lequel opina du chef, il s’avança sur le tatami, rangea, pour une fois, ses zori, s’assit au kamiza, face aux élèves, et s’offrit quelques minutes de méditation, lui qui avait toujours trouvé cela superflu. En fait, seiza était pour lui une posture douloureuse. Mais à cet instant, en cet endroit, sur ce tatami, curieusement, ses genoux ne le faisaient nullement souffrir. N’ayant rien de particulier à méditer, il profita de ces quelques minutes pour se pénétrer davantage de sa nouvelle condition. Lui ! Shidan ! à la suite d’une décision unanime !

    Il n’avait, certes, jamais douté de ses capacités, et seules la jalousie et la mesquinerie de ses contemporains sur terre justifiaient le fait qu’il n’ait pu accéder à ce rang de son vivant.

    Après le salut, il n’eut pas le temps de se demander ce qu’il allait travailler.

    Le petit être ailé l’interrogea :

    -    « Maître, que voulez-vous travailler ? »

    -    « Je ne sais pas », dit-il, « tachi waza, buki waza, peut-être ? »

    -    « Choisissez une technique, Maître. Quelle est celle que vous affectionnez le plus ? »

    -    « Eh bien… ,disons…, euh…, Irimi Nage. »

    -    « Sur quelle attaque, Maître ? »

    -    « Je ne sais pas, comme vous voulez. »

    -    « Celle qui vous plaira, Maître. »

    -    « Bon. Alors, pourquoi pas Shomen Uchi. »

    A peine la phrase terminée, un de ses élèves se rua sur lui avec un shomen fulgurant. Il eut juste le temps de faire irimi nage, mais avec une telle aisance que uke s’écrasa littéralement sur le tatami. Il ne se souvenait pas avoir réussi un irimi nage aussi parfait durant ses longues années de pratique, et aussi redoutablement efficace, à tel point qu’il crut qu’uke ne se relèverait pas, ce qu’il fit tout de même, mais très péniblement.

    Quel dommage que personne n’ait été là pour admirer sa technique. Mais n’est-ce pas ce que l’on est en droit d’attendre d’un shizan : le mouvement parfait ?

    Mais déjà le deuxième élève se précipitait, aussi menaçant, pour lui administrer un shomen encore plus percutant. Il fit irimi nage en croyant sa dernière heure venue, si cela avait été possible, bien qu’il n’eut même pas le temps d’y penser. Uke fut terrassé, l’énergie qu’il avait déployée lui étant revenue décuplée. S’il avait pu croire au facteur chance la première fois, ce second mouvement le convainquit que sa technique était aiki, qu’il était lui-même aiki.

    Une fois encore, ses pensées fugitives furent interrompues par l’attaque du troisième élève, qu’il projeta avec la même facilité déconcertante.

    Puis vint le quatrième, puis le cinquième, et ainsi de suite, sans qu’il puisse le moins du monde douter de sa technique et de son efficacité. Cela dura jusqu’à ce qu’il éprouve l’envie de changer de mouvement, pour voir. Ne pouvant enrayer le flux des attaques répétées des élèves, il s’adressa au petit être ailé :

    -          « Ne pourrait-on pas changer de technique maintenant ?

    -          « Vous n’affectionnez plus ce mouvement, Maître ? »

    -          « Non, ce n’est pas cela, mais j’aimerais… »

    -          « Alors, continuez avec le mouvement que vous avez choisi, Maître. »

    Et il continua. Il était étonné de la résistance de ses élèves, surtout du fait de la violence de leurs attaques et de leurs chutes. Il en avait mal pour eux. Mais ils se relevaient, toujours, et ré attaquaient. Son irimi nage était toujours aussi parfait, car il était difficile de l’améliorer encore. Et cela dura un certain temps, puis l’envie de changer de mouvement le reprit. Il interrogea à nouveau le petit être ailé :

    -          « Dites-moi, ne pourrait-on pas les arrêter pour qu’ils soufflent un peu, et en profiter pour changer de mouvement ? »

    -          « C’est le mouvement que vous avez choisi, Maître, alors il faut continuer. »

    -          « Mais combien de temps encore ? »

    -          « Ici, Maître, nous sommes dans l’éternité. »

    -           « Mais c’est… l’Enfer ! »

    -        « Très exactement, …Maître. »

     

  • Le Prince persan

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    Le Prince persan

     

    Peur n’est pas mère de sûreté : elle n’a rien de commun avec prudence.

    Au contraire, toute décision prise sous l’emprise de la peur nous jette dans la gueule du loup.

    Il y a bien longtemps, un Prince persan vivait heureux dans son palais, à Ispahan.

    Un matin, en se promenant au milieu de ses roses, il vit la Mort, sa faux à la main, qui semblait le guetter au détour de l’allée ; elle fit un geste qu’il prit pour une menace et disparut. Sans doute, à la place du Prince, aurions-nous eu aussi peur que lui, mais cette peur, il ne la domina point, il ne songea point à se dire que l’Esprit en lui le gardait de tout mal : il courut à ses écuries, fit sceller son meilleur cheval et s’élança à bride abattue droit devant lui : il s’agissait seulement de fuir la mort.

    Il avait peur, qu’il avait donc peur !

    Il galopa ainsi toute la journée, et se croyait déjà hors de danger, lorsque sur la route de Chiraz, à la nuit tombante, il vit soudain la Mort se dresser devant lui. Il s’arrêta, glacé de terreur.

    Et la Mort lui dit :

    « Te voilà enfin ! Tu es venu à moi ! Ce matin, lorsque je t’ai vu dans les jardins d’Ispahan, au milieu de tes roses, je n’ai pu retenir un mouvement de dépit, sachant que je devais te prendre ce soir sur la route de Chiraz. Je songeais : comment pourra-t-il être, en quelques heures, aussi loin de son palais ? Mais la Peur a travaillé pour moi : tu t’es précipité toi-même au rendez-vous… »

    On donne souvent un sens erroné à cette légende : on y voit une preuve de l’inéluctable fatalité.

    Or elle nous enseigne à ne point céder aux instances de la peur.

    Neuf fois sur dix, par peur, nous sommes les artisans de nos malheurs.

    C’est ainsi que mourut le Prince persan.

  • La Pleine Conscience

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    La méditation n’est pas une évasion : c’est une rencontre sereine avec la réalité

    par Thich Nhat Hanh

    Le miracle de la Pleine Conscience, l’espace bleu, 1994


    Assis en pleine conscience, le corps et l’esprit peuvent être en paix et complètement détendus, mais cet état paisible et relaxé est fondamentalement différent de la somnolence semi-consciente et paresseuse que l’on connaît en faisant la sieste. Loin d’être de la pleine conscience, l’assise dans cet état de demi-sommeil paresseux est comme une assise dans une caverne obscure. Dans la pleine présence d’esprit, on est non seulement reposé et heureux, mais aussi alerte et éveillé.

    La méditation n’est pas une évasion : c’est une rencontre sereine avec la réalité. Celui qui pratique la pleine conscience ne doit pas être moins attentif qu’un conducteur au volant ; si le pratiquant n’est pas vigilant, il sera vite distrait, négligent, out comme un conducteur sommnolent sera susceptible de causer un accident. Soyez aussi attentifs qu’une personne marchant avec des échasses – tout faux pas est risque de chute.

    Aux débutants, je recommande la méthode de reconnaissance pure : reconnaître sans juger. Les sensations, les sentiments, que ce soit de compassion ou de colère doivent être accueillis, reconnus et traités d’une façon absolument égale ; car tous deux sont nous-mêmes. Je suis la mandarine que je mange, je suis la graine de moutarde que je plante. Tout est à traiter avec le même soin. Dans la pleine conscience, la compassion, la colère, la graine de moutarde, tout est sacré.

    La méthode de l’observation pure et de la reconnaissance peut sembler difficile à pratiquer lorsque nous sommes en proie à la tristesse, à l’anxiété, à la colère, à la passion… Dans ce cas, orientez votre méditation précisément, en utilisant votre propre état d’esprit comme le sujet de votre méditation. Une telle méditation est révélatrice et curative. Sous le regard de la concentration et de la méditation, la tristesse, l’anxiété, la colère ou la passion se découvrent dans leur véritable nature – une révélation amenant naturellement à la guérison et à la libération. Nous devrions traiter notre anxiété, notre douleur, notre haine et notre passion avec douceur et respect, ne pas leur résister, mais vivre en leur compagnie, faire la paix avec elles et pénétrer leur nature par la méditation sur l’interdépendance.

    Chacun de nos objets de méditation est semblable à un plat que l’on doit cuire longtemps à feu vif. Il faut le mettre dans une marmite, le couvrir et allumer le feu. La marmite, c’est nous-mêmes ; la chaleur nécessaire à la cuisson, c’est le pouvoir de concentration, et le combustible provient de la pratique continue de la pleine conscience. Si la chaleur n’est pas suffisante, la nourriture ne cuira pas mais, une fois cuit, le plat est succulent. Quand le pratiquant arrive à toucher la véritable nature de l’objet de sa méditation – sa colère, ses craintes ou la personne détestée – il est libéré.

    Vivre en pleine conscience, c’est vivre le moment présent. Tout simplement ! On n’a pas besoin de s’observer longtemps pour constater que notre présent est presque toujours habité par… le passé et le futur. On saute du lit le matin en pensant à tout ce qui nous attend dans les prochaines heures et on rentre le soir avec tout ce qu’il y a eu de bon et de moins bon dans la journée.

    La tête pleine de souvenirs et de projets qui se bousculent sans arrêt, comment pouvons-nous alors réellement apprécier, par exemple, la joie de l’enfant débordant de bonheur à nous retrouver ? Nous ne sommes pas là avec lui, à partager sa joie de vivre… Nous sommes ailleurs à laisser trotter dans notre tête ce qui ne fait plus ou ne fait pas encore partie du présent.

    Comment pouvons-nous réellement voir la tendre beauté d’une fleur si notre esprit vagabonde entre l’hier et le plus tard ? Comment pouvons-nous être fascinés par la radiante beauté d’un coucher de soleil si nous l’observons distraitement en pensant aux plaisirs à venir du souper qui mijote ?

    La joie, la paix, le bonheur nous entourent constamment dans les simples petits faits et gestes de tous les jours. Si nous ne sommes pas pleinement là pour les apprécier, comment pourrons-nous jouir de leur réalité ?

    Nous passons le tiers de notre vie endormis (8 heures de sommeil, en moyenne, sur 24).Combien, les deux tiers restants, vivons-nous pleinement, bien ancrés dans le merveilleux présent, à jouir pleinement de cet indescriptible cadeau qu’est la vie ?

    Pas étonnant qu’on entende fréquemment des remarques du genre : « mes dernières vacances », ou encore « ma jeunesse » et même « ma vie, ça a passé tellement vite… je n’ai rien vu ! »

    Vivre le moment présent… Nous sommes ici et maintenant… Nous en sommes conscients et le seul moment à vivre est cet instant présent. Unique et merveilleux moment… C’est le seul moment qui soit réel.

    Calme, sourire, instant présent, moment unique.

  • En regardant une araignée tisser sa toile

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    En regardant une araignée tisser sa toile


    tiré du livre Nature et Harmonie,

    de Saotome Sensei Aïkido

     

     

    Un jour, en regardant une araignée tisser sa toile, Bouddha se souvint d’un criminel qui avait été condamné à aller en enfer.

    Au cours de sa vie malfaisante, cet homme avait pourtant eu un sursaut de compassion : un jour, une araignée s’était mise en travers de son chemin. Sans réfléchir, il avait d’abord essayé de l’écraser, mais elle réussit à s’échapper. L’homme s’était mis à rire en la voyant s’enfuir ainsi : « même toi, créature insignifiante, tu tiens à la vie autant que moi. Je te laisse donc la vie sauve. »

    Bouddha décida donc de le mettre à l’épreuve, de lui donner une chance d’échapper aux horreurs de l’enfer et de trouver son salut. Il tissa une corde en fil de soie d’araignée et la tendit entre le paradis et l’enfer, jusqu’à la montagne des aiguilles et des rivières de sang.

    Le criminel vit la corde, s’accrocha de toutes ses forces et commença à grimper. Mais bientôt, tous ceux qui se trouvaient dans la rivière de sang essayèrent désespérément de saisir la corde, et, souhaitant aussi trouver le salut, ils se pressèrent derrière lui. Pensant que les fils délicats ne résisteraient pas au poids d’un si grand nombre, il les fit tomber à coups de pied en s’écriant :

    « C’est moi qui le premier ai vu cette corde. Elle est mon salut, pas le vôtre. »

    Bouddha, en voyant ceci, fut très affligé et le poids de ses larmes fit céder la corde qui pouvait supporter bien plus que tous ces gens.

    Cet homme était trop égoïste pour entrer au paradis

  • Le Lama a dit ...

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    Regards

    de Lama Guendune Rinpoché (1918 – 1997)

     

     

    Le bonheur ne se trouve pas avec effort et volonté

    Mais réside là, tout proche, dans la détente et l’abandon.

    Ne sois pas inquiet, il n’y a rien à faire.

    Tout ce qui s’élève dans l’esprit n’a aucune importance

    Parce que dépourvu de toute réalité.

    Ne t’attache pas aux pensées, ne les juge pas.

    Laisse le jeu de l’esprit se faire tout seul, s’élever et retomber, sans intervenir.

    Tout s’évanouit et recommence à nouveau, sans cesse.

    Cette quête même du bonheur est ce qui t’empêche de le trouver

    Comme un arc-en-ciel qu’on poursuit sans jamais le rattraper,

    Parce qu’il n’existe pas, parce qu’il a toujours été là,

    Et parce qu’il t’accompagne à chaque instant.

    Ne crois pas à la réalité des choses bonnes ou mauvaises.

    Elles sont semblables aux arcs-en-ciel.

    A vouloir saisir l’insaisissable, on s’épuise en vain.

    Dès lors qu’on relâche cette saisie, l’espace est là, ouvert, hospitalier, confortable

    Alors jouis-en. Ne cherche plus.

    Tout est déjà tien.

    A quoi bon aller traquer dans la jungle inextricable,

    L’éléphant qui demeure tranquillement chez lui ?

    Cesse de faire.

    Cesse de forcer.

    Cesse de vouloir.

    Et tout se trouvera accompli, naturellement.